Pour sa dernière sortie sur le marché régional de l’UEMOA, le Togo a de nouveau validé la solidité de sa signature. Mais au-delà du montant levé, l’opération en dit plus sur la volonté du Trésor de financer le budget 2026 sans céder à la facilité d’un endettement trop coûteux.
Le 20 mars 2026, le Togo a levé 27,5 milliards FCFA sur le marché régional des titres publics, alors que l’objectif initial était fixé à 25 milliards. En face, la demande a atteint 134,6 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 538,3 %. Autrement dit, le papier togolais continue d’attirer massivement la liquidité régionale. Dans un environnement où les Etats multiplient les appels au marché, cette profondeur de la demande confirme que Lomé conserve une signature recherchée.
Une demande abondante, une allocation disciplinée
L’élément le plus intéressant est peut-être ailleurs : le Trésor n’a retenu qu’une part limitée des soumissions, privilégiant une allocation maîtrisée entre BAT de 364 jours et OAT de 3 et 5 ans, rémunérées à 6,15 % et 6,35 %. Ce choix suggère une stratégie de coût et de maturité davantage qu’une simple recherche de cash immédiat. Après une première opération de 22 milliards FCFA début mars, le pays porte à 49,5 milliards ses mobilisations sur UMOA-Titres, soit environ 10,7 % de son programme annuel de 463 milliards FCFA.
Pour les investisseurs, le signal est clair : le Togo veut rester présent, mais sans détériorer ses conditions de financement.

