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Au Togo, le CNC veut financer plus sans fragiliser les bilans bancaires

Réuni le 23 mars 2026 à Lomé pour sa première session ordinaire de l’année, le Conseil national du crédit (CNC) du Togo a dressé un tableau globalement favorable de l’économie, tout en appelant les banques et la microfinance à davantage de discipline sur le risque. Entre accélération de la croissance, progression du crédit et montée des créances douteuses, l’enjeu est désormais clair : financer davantage l’économie réelle sans dégrader la qualité des portefeuilles.

Le Togo aborde 2026 avec un scénario macroéconomique jugé solide. À l’issue de la première réunion annuelle du CNC, la croissance est attendue à 6,5 %, contre 6,2 % en 2025, tandis que l’inflation resterait contenue à 1,8 %, dans un environnement présenté comme globalement stable malgré les tensions extérieures.

Pour les autorités, cette trajectoire confirme la résilience de l’économie nationale et la capacité du pays à préserver ses équilibres budgétaires tout en soutenant l’activité.

Un crédit plus abondant, mais sous surveillance

Sur le front du financement, les signaux sont encourageants : les nouvelles mises en place de crédits bancaires ont progressé de 15 % en 2025, à 1 111 milliards de FCFA, pendant que la microfinance a distribué 340 milliards, contre 302 milliards un an plus tôt. Le coût moyen du crédit a légèrement reculé à 7,4 %, traduisant un accès un peu plus fluide au financement. Mais le CNC a surtout sonné l’alerte sur la détérioration de la qualité des actifs bancaires : le taux brut de créances douteuses est remonté à 13 %, contre 7 % en 2024.

Dans ce contexte, le Conseil appelle les établissements financiers à renforcer l’analyse du risque et le recouvrement, tout en orientant davantage de ressources vers les énergies renouvelables, l’agroalimentaire et la digitalisation des paiements. Le message est limpide pour la place financière togolaise : 2026 devra être l’année d’un crédit plus ciblé, plus innovant et mieux sécurisé. À ce prix, le secteur financier pourra continuer à jouer son rôle de levier de transformation économique, sans compromettre sa propre solidité.

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