Le potentiel de croissance du Togo dicté par le rythme des réformes

Le Togo possède un potentiel économique considérable. Sa croissance est largement dictée par la vitesse et l’efficacité des réformes mises en œuvre par le gouvernement. Plusieurs domaines clés sont ciblés par les réformes nécessaires pour libérer le plein potentiel de croissance du pays. Des données et des analyses provenant de sources diverses encouragent le gouvernement à poursuivre ces réformes en  stimulant l’investissement, en favorisant le développement du secteur privé et en  améliorant les conditions de vie des populations.

Contexte économique du Togo

Le Togo est classé parmi les pays à revenu faible, avec une économie principalement agricole et un secteur manufacturier en développement. Malgré ses ressources naturelles et son potentiel agricole, le pays fait face à plusieurs défis, notamment une pauvreté persistante, un chômage élevé et des inégalités sociales. Pour surmonter ces défis, des réformes économiques et structurelles sont nécessaires.

Selon le rapport de la Banque mondiale sur le Togo en 2023, le pays a réalisé des progrès dans certains domaines, mais des réformes supplémentaires sont essentielles pour stimuler la croissance économique et réduire la pauvreté. « Renforcer l’inclusivité et accroître la résilience des populations vulnérables font partie des défis majeurs pour les prochaines années. Le renforcement des opportunités économiques et l’accès aux services de base des populations vulnérables permettront de réduire les disparités socio-économiques qui empêchent le Togo de réaliser son potentiel et constituent des facteurs de fragilité », a rapporté la Banque mondiale.

Conscient de la situation, le gouvernement renforce depuis plusieurs années ses capacités pour sortir le pays du tunnel.

Réformes dans le secteur de l’investissement et le secteur privé

Pour attirer davantage d’investissements nationaux et étrangers, le Togo met en œuvre des réformes visant à améliorer le climat des affaires et à renforcer la sécurité juridique des investissements. Selon le rapport Doing Business de la Banque mondiale, le Togo se classe actuellement au 137e rang sur 190 économies en termes de facilité de faire des affaires. Le pays a pris donc un certain nombre de mesures pour contribuer à améliorer ce classement. On note la simplification des procédures administratives, la réduction des délais pour l’obtention des permis et la modernisation de l’administration fiscale sont les mesures prises. 

Pour les autorités, le développement du secteur privé est essentiel pour dynamiser l’économie togolaise et créer des emplois durables. Des dispositions sont prises à cet effet, pour faciliter la création et la croissance des entreprises, ainsi que pour renforcer l’accès au financement pour les petites et moyennes entreprises (PME).

En tenant aussi compte du Rapport sur la compétitivité mondiale du Forum économique mondial, le Togo compte améliorer son environnement entrepreneurial et sa capacité d’innovation pour stimuler la compétitivité de son économie.

Réformes dans le secteur agricole

Le Togo est depuis quelques années dans une dynamique de modernisation de l’agriculture, d’amélioration des techniques de production, de renforcement des chaînes de valeur agricoles et de promotion de l’agro-industrialisation. C’est du simple fait que l’agriculture joue un rôle crucial dans l’économie togolaise, employant une grande partie de la population et contribuant significativement au PIB.

L’agriculture représente plus de 40 % du PIB togolais, et occupe près de 65% de sa population active, pour une superficie cultivable évaluée à 3,6 millions d’hectares, soit 60% de la superficie globale du pays, dont 41% sont emblavés (1,4 millions d’hectares). Naturellement, le secteur prend une bonne place dans le récent Programme quinquennal du Togo (l’Axe 2 du Plan national de développement, PND, qui coure de 2018 à 2022).

Contraste saisissant cependant, bien que levier important de l’économie togolaise, ce secteur, exposé à des variations significatives d’une année à l’autre, est marqué globalement par un faible niveau de crédit ( 2% des crédits bancaires en 2019), et un faible niveau technique (25% des exploitations bénéficient d’un appui technique des structures d’encadrement, l’utilisation d’engrais concerne 16% de ces cultures, et 89% des superficies cultivées sont emblavées avec du matériel aratoire (houe, coupe-coupe)).

A ce jour, le pays compte plusieurs programmes visant à améliorer sa production agricole : comme le Projet d’appui au développement de l’agriculture au Togo (PADAT), le Projet d’appui au secteur agricole (PASA, actif notamment dans l’élevage la couverture vaccinale des ruminants), le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest-Togo (PPAAO), le Projet d’aménagement hydro-agricole de la basse vallée du fleuve Mono (PBVM), de développement de la production rizicole dans la région de la Kara (PDPR-K). Le projet d’agropole, est actuellement dans les clous dans la région de Kara.

A cet égard, les efforts de modernisation consentis par le gouvernement s’appuient sur des leviers comme : un meilleur accès au financement des paysans pour booster la production, la pratique de l’agroforesterie, l’intensification de la recherche agricole, la mécanisation, l’utilisation d’engrais, le développement des chaines de valeur agricoles, et l’émergence d’agro-entrepreneurs.

Promotion du développement durable

Le Togo est confronté à des défis environnementaux tels que la déforestation, la dégradation des terres et la pollution de l’air et de l’eau. Conscientes de la situation, les autorités ne ménagent aucun effort à travers des réformes pour promouvoir un développement économique durable qui préserve les ressources naturelles et protège l’environnement. Cela implique la mise en œuvre de politiques et de mesures visant à promouvoir les énergies renouvelables, à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à protéger les écosystèmes fragiles.

Le potentiel de croissance du Togo dépend largement de la mise en œuvre de réformes économiques et structurelles visant à améliorer le climat des affaires, à promouvoir le secteur privé, à moderniser l’agriculture et à promouvoir un développement durable. Un fort engagement politique, une coordination efficace entre les différentes parties prenantes et une volonté de mettre en œuvre des politiques audacieuses et innovantes s’appliquent dans ce sens.

En investissant dans ces réformes, le Togo compte libérer son plein potentiel économique et améliorer les conditions de vie de sa population.

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