Le gouvernement togolais veut reprendre en main la question de la qualité du portefeuille des institutions de microfinance, alors que les indicateurs du secteur se détériorent. Réunis à Lomé lors d’un atelier national consacré au recouvrement des créances, les principaux acteurs ont dressé un constat préoccupant : avec près de 4,7 millions de membres et un encours de crédits de 352 milliards FCFA, la microfinance reste un pilier de l’inclusion financière, mais le taux brut de dégradation du portefeuille a atteint 6,7 % en 2025, bien au-dessus de la norme communautaire fixée à 3 %.
La montée des impayés fragilise les fonds propres des institutions, réduit leur capacité à prêter de nouveau et affaiblit la confiance des déposants comme des partenaires financiers. Le gouvernement entend donc agir sur plusieurs fronts : amélioration des mécanismes de recouvrement, lutte contre les structures clandestines opérant en dehors du cadre légal et mise en œuvre de la nouvelle loi sur la microfinance. Celle-ci doit renforcer la gouvernance, la transparence et la protection de l’épargne.
En ciblant à la fois les faiblesses internes du secteur et les risques de dérive informelle, Lomé cherche à préserver un outil devenu central pour le financement des petits acteurs économiques.

