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Togo : Procès Madjoulba, ces voix qui appellent à la justice

Depuis lundi, l’actualité togolaise est rythmée par l’ouverture du procès du Lieutenant-Colonel Majoulba Bitala, retrouvé mort dans la nuit du 4 au 5 mai 2020. Dans le box des accusés, plusieurs militaires, dont l’ancien chef de l’état-major des armées, le général Abalo Katanga. Si ce procès, qualifié d’historique par nombre d’observateurs, a pu avoir lieu, c’est non seulement grâce à la volonté de vérité du Chef de l’État, Faure Gnassingbé, mais aussi à la pression exercée par certaines voix. Explications.

Très tôt le lendemain de la découverte du corps du Commandant du 1er Bataillon d’intervention rapide (BIR), Bitala Madjoulba, des voix se sont élevées pour réclamer justice. Outre le Collectif des associations pour la lutte contre l’impunité (CACIT) qui demande des comptes aux autorités togolaises, la population de Siou, village d’origine de la victime, exige des clarifications sur le drame qui a frappé son fils.

Des pressions pour la justice

En effet, dès l’annonce du décès, les natifs de Siou sont descendus dans la rue pour réclamer justice pour leur fils. Ils ont organisé une marche pacifique à travers le village. « Nous voulons connaître la vérité », ont-ils scandé.

Depuis, une pression constante a été maintenue sur le gouvernement togolais pour l’organisation d’un procès. En mai dernier, dans une lettre ouverte adressée au Chef de l’État, Chef suprême des Armées, Faure Gnassingbé, Isidore Wasungu, Président de l’association Nawd Teelba Diaspora, demandait la restitution du corps à la famille et la justice.

« Pouvez-vous imaginer, rien qu’un instant, le cauchemar quotidien et le fardeau psychologique que nous, les Nawdba, portons depuis trois (3) ans, jour pour jour ? Comprenez-vous donc que, tant que vous ne nous accorderez pas le privilège d’enterrer officiellement notre frère, vous nous maintenez dans un deuil perpétuel, et maintenez sa famille dans la plus grande précarité ? Allez-vous enfin nous soulager de ce fardeau qui pèse trop lourd sur notre moral ? », s’est insurgé Isidore Wasungu.

Avant de tempérer, « nous ne croyons pas que telle est votre volonté. Vous ne pouvez pas nous soumettre volontairement à un tel calvaire. Vous ne voulez pas non plus priver de l’au-delà le colonel Toussaint Bitala Madjoulba, qui vous a si loyalement servi. Nous n’avons nul doute que vous comprenez parfaitement pourquoi nous vous adressons ces doléances assez régulièrement ».

Il réclamait également les résultats de l’enquête ouverte à la suite de l’assassinat de cet officier. « Ça fait trois ans exactement, jour pour jour, et nous ne connaissons pas les résultats de cette enquête que vous auriez diligentée. C’est pourquoi nous vous prions de bien vouloir dire au peuple togolais, et aux Nawdba en particulier, où vous en êtes dans cette enquête et ce que vous comptez faire au cas où elle n’aurait pas encore abouti ? Dans l’espoir que cette enquête, diligentée par vos soins, ait abouti, nous croyons que plus rien ne vous empêche maintenant de nous remettre la dépouille de notre frère pour son enterrement », a-t-il écrit.

Sous le slogan « JusticePourMadjoulba », plusieurs personnes ont manifesté sur les réseaux sociaux leur volonté de voir la justice faire son travail. « L’assassinat d’un colonel de l’armée ne peut rester impuni », a notamment posté un internaute. Des voix qui ont finalement eu gain de cause avec l’ouverture du procès lundi.

Des dispositions pour un procès équitable

Sur le banc des accusés, en dehors du Général Abalo Kadangha, on retrouve Songuine Yendoukoa, Mme Akouna Lelatou, Col. ALI Kodjo, Lt-Col. Agbonkou Komlan Sename, Cdt Atekpe Kpatcha Akila-Esso et Boue Balakyeme. Les accusés sont défendus par Mes Sambiani, Amegankpoe, Amegan, Adjgbo, Nabede, Anani et Lawson.

Les autorités ont pris toutes les dispositions pour un procès équitable. D’ailleurs, le procès se déroule en public, en présence des médias et des proches des accusés. Les juges militaires ont été appelés à dire rien que le droit. « Nous n’avons pas le droit de décevoir les plus hautes autorités, nous n’avons pas le droit de détruire la vision du chef de l’État qui veut que notre pays soit un État de droit fort et respectueux des règles », avait déclaré, s’adressant aux juges, Pius Agbetomey, ministre de la Justice, lors du lancement des activités du tribunal militaire le 09 octobre à Lomé.

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