À la croisée des enjeux de compétitivité numérique, d’inclusion économique, de souveraineté agricole et d’intégration régionale, la presse togolaise de ce mercredi 18 mars 2026 dresse un portrait d’une économie en mouvement. Entre distinctions internationales, réformes structurelles et projets de terrain, tour d’horizon des titres du jour.
Le Togo passe à la vitesse supérieure — la banque mondiale le confirme
C’est l’un des titres phares de Togo-Presse ce mercredi : le Togo passe à la « vitesse supérieure », fort d’une distinction de la Banque mondiale qui valide les réformes engagées par le gouvernement. Le rapport Women, Business and the Law 2026, publié par l’institution de Bretton Woods, positionne le Togo au 2ème rang en Afrique pour les droits économiques des femmes, avec une note globale de 79,33 sur 100 parmi 190 économies examinées.
Ce résultat n’est pas anodin. Le Togo obtient un score juridique parfait de 100/100 dans les domaines de la rémunération, du mariage, de la gestion des biens et des pensions. Le pays dépasse par ailleurs la moyenne de l’Afrique subsaharienne en matière de parentalité et d’entrepreneuriat féminin. Parmi les leviers cités : le Fonds national de la finance inclusive (FNFI) qui a déjà soutenu plus d’un million de femmes, la révision du Code des personnes et de la famille, et l’adoption d’un Code pénal renforcé contre les violences basées sur le genre.
Numérique : Yas et Moov Africa Togo, rois de l’Uemoa
C’est la fierté technologique du jour. Yas Togo et Moov Africa Togo trustent respectivement les 1ère et 2ème places du classement UEMOA en matière de qualité d’expérience de l’internet mobile en 2025, selon l’ARCEP et nPerf. Mieux encore : à l’échelle continentale, les deux opérateurs se hissent aux 7ème et 9ème rangs parmi les dix meilleurs opérateurs africains, toutes technologies confondues.
L’évaluation porte sur cinq indicateurs clés — débit descendant, débit montant, latence, navigation web et streaming vidéo — dans un contexte où la 4G représente près de 85 % du trafic national. Le Togo confirme ainsi sa position de leader numérique dans la sous-région, une performance déjà enregistrée en 2023. L’ARCEP note toutefois que des marges d’amélioration subsistent sur la navigation web et le streaming. Sur le marché des smartphones, la presse relève également que l’intégration de l’intelligence artificielle embarquée devient un facteur différenciant majeur.
Agriculture et énergie verte : l’OIF investit 52 millions de FCFA à Kpalimé
Le secteur agroécologique est également à l’honneur. Togo First rapporte le lancement officiel, ce lundi 16 mars à Kpalimé, du projet « EcoFemmes : Agriculture bio et énergie verte », financé par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à hauteur de 52 millions de FCFA sur 36 mois.
Piloté par l’ONG AIL, le programme cible 130 femmes rurales de la commune de Kloto 1, sur deux sites agricoles à Volové et Nyivé Wodomé, couvrant plus de 3 hectares. Au cœur du dispositif : la production biologique, l’installation de biodigesteurs pour la production de biogaz, et des formations à l’entrepreneuriat, à la gestion financière et au marketing digital. Dix volontaires seront formées à la construction de biodigesteurs pour essaimer la technologie dans les villages environnants, dans une démarche résolument tournée vers la réduction du bois de chauffe et des émissions carbone.
Par ailleurs, L’Économiste du Togo consacre un dossier aux nouvelles règles pour la filière cajou, dont le gouvernement entend mieux organiser l’achat, la transformation et l’exportation pour encourager la valorisation locale d’une culture stratégique. Le journal relève aussi que le Togo s’est doté d’une plateforme de contrôle du marché des produits alimentaires, signe d’une volonté de renforcer la traçabilité et la sécurité sanitaire des denrées.
Commerce régional : le poste Togo-Ghana de Noépé-Akanu renforcé
Togo-Presse et L’Économiste du Togo s’attardent sur un jalon important de la coopération commerciale sous-régionale. Le poste de contrôle juxtaposé de Noépé-Akanu, à la frontière Togo-Ghana, a été doté de nouvelles infrastructures, en présence du ministre togolais de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, et de son homologue ghanéen du Commerce, Mme Elizabeth Ofosu-Adjare. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la facilitation du commerce transfrontalier entre les deux pays, conformément aux objectifs de la ZLECAF.
Dans le même registre de l’intégration régionale, L’Économiste du Togo signale la formation d’acteurs économiques à l’utilisation de la plateforme pilote « Certificat d’Origine Électronique-UEMOA », destinée à fluidifier et sécuriser les échanges intracommunautaires.
Surveillance économique : l’Etat déploie l’IA contre la fraude
C’est l’un des titres les plus significatifs de la semaine. Eco & Finances et Nouvelle Opinion rapportent le lancement de la plateforme Digital Market Intelligence, présentée comme une nouvelle ère dans la lutte contre la fraude fiscale et commerciale. L’État déploie désormais l’intelligence artificielle pour traquer les fraudes et renforcer ses recettes publiques — une démarche technologique inédite qui illustre la modernisation de l’administration économique togolaise.
Zone franche et réformes structurelles : les chiffres parlent
Le conseil des ministres du 11 mars 2026, dont les travaux continuent d’alimenter la presse économique, a acté deux décisions majeures. D’abord, la dissolution de la SAZOF et sa subrogation par l’Agence de promotion des investissements et de la zone franche (API-ZF), visant à rationaliser la gestion des investissements dans la zone franche. Les chiffres justifient l’ambition : la zone franche compte 141 entreprises agréées (dont 91 en activité), avec des investissements de 425,664 milliards de FCFA en 2024, soit environ 7 % du PIB, et près de 19 000 emplois directs créés.
Ensuite, la poursuite des réformes foncières agricoles avec la création d’une cellule dédiée à la délivrance de livrets fonciers et à l’extension des mécanismes de sécurisation des terres, financée dans le cadre du partenariat avec la Millennium Challenge Corporation.
Note de la rédaction
La lecture transversale de la presse économique togolaise de ce 18 mars 2026 révèle une économie qui avance sur plusieurs fronts simultanément : compétitivité numérique, inclusion économique des femmes, souveraineté agricole et intégration régionale. Les distinctions internationales — Banque mondiale, classements UEMOA — viennent valider des réformes portées depuis plusieurs années.
Deux tendances de fond méritent d’être soulignées. D’une part, la montée en puissance de l’intelligence artificielle comme outil de gouvernance économique, tant dans la lutte contre la fraude que sur le marché des technologies grand public. D’autre part, le pari de la transformation locale — qu’il s’agisse du cajou, de l’agriculture biologique ou des biodigesteurs — qui traduit une ambition de remontée en valeur ajoutée, loin du seul export de matières premières.
Les défis restent présents : les coupures d’électricité de la CEET continuent d’alimenter les inquiétudes, et la presse d’opposition rappelle que la dette et les subventions forment un « cercle vicieux » à résoudre. Mais le cap semble tenu.

